Publié le 28 Novembre 2020

Publié par | Nov 23, 2020 | |

Jean-Charles Cailliez est enseignant de biologie cellulaire à l’Université. Depuis quelques années, il a mis en place avec ses étudiants une « classe renversée », dans laquelle le prof devient l’élève et vice-versa. Interview.

Pouvez-vous nous dire qui vous êtes en quelques mots ?

Je suis professeur de biologie cellulaire et de génétique, et j’ai été chercheur à l’Institut Pasteur et à l’Inserm pendant une vingtaine d’années. J’ai également été doyen de ma fac durant 6 ans.

Pendant environ 25 ans, j’ai été un prof d’université tout à fait « normal » ! Et depuis huit ou neuf ans, j’ai changé beaucoup de choses. Je suis passé à la classe renversée entre autres, en disant à mes étudiants : « ce n’est plus moi qui vais faire le cours, c’est vous qui allez le faire ! »

Qu’est-ce que la classe renversée ?

La classe renversée est un peu différente de la classe inversée. On dit souvent que la classe inversée consiste à donner le cours à étudier à la maison et à faire les devoirs en classe. Dans ma classe renversée, je ne donne pas le cours à mes étudiants. Je ne leur donne rien du tout ! Ce sont eux les profs et c’est moi l’élève.

Je leur présente la classe renversée en leur disant que désormais, ce sont eux qui vont me faire cours. Bien sûr, au début, ils ne comprennent pas, ils me disent qu’ils ne le connaissent pas et qu’ils sont là pour apprendre. Et je leur réponds : « la meilleure façon d’apprendre, c’est d’enseigner ! »

Attention, tout cela est bien sûr organisé ! Dire que je ne fais plus rien, c’est une provocation. Dans ma classe renversée, les étudiants, en équipe de six, doivent chercher les informations relatives au chapitre étudié (sur internet ou dans des livres), construire le plan, organiser les informations… ils passent ensuite au tableau et écrivent le cours. Comme c’est moi l’élève, je leur pose des questions. Quand leur cours est bon, je leur dis que j’ai tout compris, mais quand il y a des erreurs ou que le cours est mauvais je leur dis que je ne comprends rien et ils doivent m’expliquer. Ils doivent aussi m’interroger, et ensuite corriger ma copie (dans laquelle je fais volontairement des erreurs pour vérifier qu’ils les verront…) Tout est à l’envers !

Vous avez présenté un atelier au CLIC sur votre méthode. Pouvez-vous en parler ?

Il s’agissait d’un atelier sur les outils de la classe renversée, auquel participaient une trentaine de profs. Je les ai mis en équipes, et je leur ai posé une question par groupe. Par exemple, « comment faites-vous pour que vos cours soient plus interactifs », « comment repérez-vous les élèves qui ne travaillent pas assez », « comment évaluez-vous vos élèves », etc. Chaque groupe devait ensuite proposer une réponse à la question que je leur posais.

Ensuite, je leur ai montré comment je répondais moi-même à ces six questions, avec ma classe renversée. Pendant une vingtaine de minutes, je leur ai ainsi montré tous mes outils, mes méthodes pour faire travailler mes élèves. Il y a par exemple la tricherie obligatoire : au début d’une interro, je mets les élèves en équipe, et je pose une question. Par exemple, « quel est le principe du vaccin contre la grippe ? ». Je leur dis ensuite que dans 10 minutes, je ramasse une copie par groupe. Ils se mettent à travailler, et au bout de 7 minutes, je leur explique qu’ils peuvent désigner un élève par groupe, qui aura le droit d’aller piocher des informations dans la réponse des autres équipes. Ça les oblige à « tricher » en étant intelligents, car les informations ramenées par l’élève choisi doivent servir à améliorer leur copie !

Il y a aussi l’imprégnation, pour plonger directement les élèves dans un sujet en début de chapitre. C’est très simple : un prof normal, prenons par exemple un prof d’histoire-géo, au début du chapitre sur la bataille de Waterloo, commencera son cours en expliquant pourquoi Napoléon a perdu la bataille, et les élèves prendront des notes. Mais la plupart du temps, au bout de 10 minutes, les élèves n’écoutent plus vraiment, et prennent des notes sans réfléchir.

Pour éviter cela, « j’imprègne » les élèves avant de donner mon cours. Lorsqu’ils arrivent en classe, je leur donne un quart d’heure pour faire de la recherche et m’expliquer, pour reprendre notre exemple, pourquoi Napoléon a perdu à Waterloo. Je ne leur donne aucune explication. Les élèves se mettent à chercher, sur leurs ordinateurs, dans des manuels… J’attends cinq minutes, et lorsque je vois qu’ils sont tous concentrés sur leurs recherches, je stoppe tout. Et je leur dis « je vais vous l’expliquer moi-même ». Je leur fais ensuite un cours en 10 minutes. Et comme ils étaient tous concentrés sur leurs recherches à ce sujet, ils sont très attentifs !

Il y a plein d’autres outils en classe renversée, comme le ping-pong, le karaoké, la battle, l’éclipse, les tableaux tournants…

Que pensent vos étudiants de cette méthode ?

10 % de mes étudiants à peu près détestent ça ! Parce qu’ils sont au premier rang, aiment prendre des notes, faire des fiches… ce sont ceux que l’on appelle les bons élèves, qui sont adaptés au système scolaire. Si le prof change les règles, ça les perturbe et ils n’aiment pas.

À l’inverse, 10 ou 15 % des étudiants adorent la classe renversée. Et les 75 % restants sont plutôt enthousiastes, et adhèrent plus ou moins volontiers selon les moments.

Si certains exercices ne plaisent pas à mes étudiants, ils sont par contre toujours libres de proposer des changements.

Certains opposent cours classiques et cours innovants (comme la classe inversée ou renversée), or, ils sont complémentaires. Quand les étudiants assistent à un cours innovant, ils ont envie d’approfondir, en lisant des livres ou en assistant à des cours « normaux ». Les cours innovants, comme la classe renversée, renforcent donc l’intérêt des élèves pour les cours « normaux ».

Quels conseils donneriez-vous à un prof qui veut se lancer dans la classe renversée ?

Tout d’abord, j’encourage les jeunes profs à tester de nouvelles choses ! Il n’y a pas besoin d’être expérimenté pour se lancer dans la classe renversée. Au début, ils peuvent commencer par inverser seulement un exercice ou un cours de temps en temps. Mon conseil est donc de se lancer, parce qu’ils risquent de s’ennuyer pendant plus de 40 ans à faire le même cours !

Rédigé par hl_66

Publié dans #Réflexion

Publié le 27 Août 2020

Valérie Roumanoff

Je vous propose de renverser la machine en utilisant l’hypnose dans votre quotidien, mais cette fois-ci dans le bon sens! Nos pensées sont beaucoup plus puissantes que ce que l’on pourrait croire et changer de façon de penser, change notre façon d’appréhender le monde, et par ricochet nos émotions et nos actions.

 

HYPNOSE - L’autohypnose est accessible à tous, même si vous ne l’avez jamais expérimentée avec un hypnothérapeute. C’est un état naturel qu’on traverse plusieurs fois par jour, dans ces moments de rêverie où l’on est là tout en étant ailleurs. On pense ”être dans la lune” ou ”être déconcentré”, mais c’est bel et bien d’hypnose dont il s’agit. En induisant volontairement cet état modifié de conscience, cela nous permet d’avoir accès à nos ressources profondes (et souvent insoupçonnées).

L’autohypnose pour la confiance en soi

En réalité, on passe notre vie à s’hypnotiser sans le savoir. On se fait à longueur de journée des suggestions, le plus souvent négatives, comme par exemple: “encore une dure journée qui commence” ou ”ça ne va pas marcher” ou ”ça va mal se passer” ou encore “Je tombe toujours sur des hommes/femmes à problèmes”. Ces suggestions, à force d’être répétées, finissent par devenir vraies (et par nous gâcher la vie).

Je vous propose de renverser la machine en utilisant l’hypnose dans votre quotidien, mais cette fois-ci dans le bon sens! Nos pensées sont beaucoup plus puissantes que ce que l’on pourrait croire et changer de façon de penser, changent notre façon d’appréhender le monde, et par ricochet nos émotions et nos actions.

Il est tout d’abord nécessaire d’identifier ces phrases négatives que vous vous dites dans votre tête (car la plupart du temps on ne s’en rend même plus compte, tellement on y est habitué.) Ensuite, il suffit de changer légèrement la phrase pour que la suggestion devienne positive.

Par exemple:

  • Au lieu de “je ne vais pas y arriver”, dites-vous “je n’y arrive pas encore”
  • Au lieu de “je tombe toujours sur des hommes/femmes à problème”, dites-vous “je tombe parfois sur des hommes/femmes à problèmes”
  • Au lieu de “encore une sale journée qui commence”, dites-vous “je me demande comment va être cette journée”
  • Au lieu de “je n’en suis pas capable”, dites-vous “et si j’en étais capable?... »

Il ne s’agit pas de vous persuader que ce qui est noir est blanc, car votre cerveau ne va pas accepter une suggestion trop éloignée de ce que vous avez l’habitude de penser. Il s’agit seulement d’insérer ici ou là des mots comme “pas encore”, “parfois”, “peut-être”, “et si?... » qui ouvre l’éventualité d’une issue différente. En imaginant qu’autre chose est accessible, vous vous donnez de nouvelles possibilités et vous commencez naturellement à transformer votre vie.

L’autohypnose pour le sommeil

Le mot hypnose vient du grec húpnos qui signifie sommeil. L’état d’hypnose peut être très proche de l’état qui précède l’endormissement quand tout est calme à l’intérieur comme à l’extérieur. Parfois, le sommeil tarde à venir, car mille et une pensées nous assaillent de toute part, et plus on essaie de chasser ces réflexions, plus elles se multiplient. Alors, pour faciliter votre endormissement, vous pouvez imaginer (les yeux ouverts ou fermés, selon votre préférence) que vous rentrez chez vous avec un sac à dos ou une valise remplie de choses diverses et variées. Dans cette visualisation, vous avez un beau jardin dans lequel se trouve un arbre bien particulier. Il s’agit d’un arbre à soucis. Vous déposez une à une toutes les choses qui se trouvent dans votre sac ou votre valise et vous les suspendez aux branches de votre arbre à soucis. Aussitôt qu’elles sont accrochées, ces préoccupations disparaissent de votre esprit. Une fois ce travail effectué, vous pouvez rentrer chez vous, l’esprit en paix. Tout en sachant que vous pourrez retrouver toutes les choses importantes le lendemain matin quand il sera temps de s’en occuper. Et ce qui est étonnant, c’est que le plus souvent, au réveil, il y a beaucoup moins de choses suspendues que la veille au soir. De cette manière, vous pourrez dormir tranquille, en sachant que tout est en place et à sa place et que vous pourrez le lendemain utiliser efficacement toute l’énergie que vous aurez emmagasinée naturellement pendant la nuit.

Une autre façon de faire de l’autohypnose est de s’en remettre totalement à son inconscient. Comme je vous le disais, l’inconscient en hypnothérapie, est un réservoir de ressources. Consciemment, on ne sait pas qu’on possède ces ressources, et encore moins, comment y accéder. Mais votre inconscient, lui, sait très bien comment faire, car comme le disait Milton Erickson, le père de l’hypnose moderne: “Vous savez plus de choses que vous savez que vous savez”. Alors, pour avoir accès à ces ressources inconscientes, à ces connaissances cachées, vous pouvez vous installer confortablement, dans un endroit où vous êtes sûr de ne pas être dérangé pendant 10 minutes. Ensuite, vous commencez par fixer un point devant vous, un petit point légèrement au-dessus de votre ligne d’horizon. Quand votre vue se trouble, vous pouvez fermer les yeux et commencer à être attentif à ce que vous entendez (les bruits autour de vous, le silence, le son de votre respiration…), et à ce que vous sentez (le contact de votre dos avec le fauteuil, l’air sur votre visage, la température de votre corps…) en prenant tout votre temps, tout le temps du monde... Ensuite, vous imaginez un très bel escalier qui monte vers votre réservoir de ressources intérieures. Et plus vous montez ces marches, et plus vous descendez à l’intérieur de vous, sans qu’il n’y ait rien à faire, rien à réfléchir, simplement en laissant toutes les sensations naturellement agréables s’installer profondément en vous. Vous pouvez laisser vos pensées aller et venir, cela n’a aucune importance. Quand vous vous sentez suffisamment ressourcé, vous pouvez ouvrir les yeux et vous étirer pour profiter agréablement des bienfaits de votre séance.

Plus vous pratiquez et plus ce sera facile et naturel. En hypnose, rien n’est imposé ni obligatoire, c’est un espace de liberté que vous vous offrez et vous pouvez en bénéficier aussi souvent que vous le souhaitez.

Rédigé par hl_66

Publié dans #Réflexion