Publié le 21 Août 2017

 

A défaut d'un bilan de l'ensemble du lycée, l'Inspection générale, sous la plume d'Alain Henriet, Michel Rage et Marc Rolland, nous livre un bilan du lycée technologique. Coincé entre un enseignement général en expansion et un enseignement professionnel en explosion, l'enseignement technologique est en crise. Faut-il le réformer ou le faire disparaitre ? Les inspecteurs analysent l'évolution de chaque filière et concluent à l'utilité sociale et économique de la voie technologique. Ils recommandent de revoir les contenus enseignés de façon à renforcer les liens entre enseignements technologiques et généraux. Surtout ils envisagent une recomposition globale du lycée général et technologique dans un ensemble plus modulaire et mieux articulé avec le post bac. Pour le lycée, l'heure de la réforme, dans tous les sens du mot, pourrait sonner en 2017.

 

Une voie en déclin malgré les réformes

 

"Depuis son émergence au lendemain de la Seconde guerre mondiale, l’enseignement technologique s’est transformé, dans sa forme comme dans son contenu, au gré des grandes mutations scientifiques, techniques et économiques. La question de son avenir est désormais posée du fait de la baisse de ses effectifs et de son enserrement entre les voies générale et professionnelle. Sa récente rénovation a produit des résultats très variables sur les différentes séries... Pourtant, elle joue un rôle économique et social important, en répondant aux besoins en emploi de l’industrie et des services dans un contexte de transformation rapide des organisations et des modes de production et en permettant à des élèves souvent jugés trop fragiles pour poursuivre dans la voie générale de trouver le chemin de la réussite grâce à une pédagogie adaptée".

 

Le rapport d'Alain Henriet, Michel Rage et Marc Rolland montre bien que la voie technologique est à la fois une pédagogie spécifique, un outil de promotion sociale et une réponde à des besoins économiques. Trois éléments qui auraient du permettre un suivi de près par l'Education nationale. Or la voie technologique est aussi "une forêt tropicale", pour reprendre la formule d'un ministre, où se sont multipliées les filières. Celles -ci ont été réformées l'une après l'autre à partir de 2005, sans grand ordre et sans une grande cohérence alors que la position de la voie technologique devenait plus précaire, coincée entre un enseignement général en progression et une voie professionnelle profondément réformée et en très forte hausse.

 

Si l'on regarde l'évolution des effectifs depuis 1995, on voit nettement que la voie technologique décline, surtout du fait de l'effondrement de la filière STMG. La voie générale progresse et la voie professionnelle triple son effectif depuis 1995.

 

Séries

1995

2000

2010

2015

L

71

59

54

57

ES

77

75

103

117

S

139

136

173

191

STI - Sti2d

35

37

27

32

STL

5

6

7

9

STT - STMG

79

82

67

63

SMS - ST2S

13

18

22

23

professionnel

67

93

162

183

 

En clair, les rénovations introduites depuis 2005 dans la voie technologique n'ont pas eu les effets escomptés sur son avenir.

 

Déprofessionnalisation et déspécialisation

 

Pourtant les réformes ont été profondes. En STI, par exemple, la réforme aboutit à une modification complète de l'équilibre entre l'abstraction et la concrétisation. On passe de la machine à la simulation par ordinateur. A partir de 2010, les séries technologiques intègrent aussi des éléments de la réforme du lycée comme les enseignements d'exploration et l'accompagnement personnalisé.

 

Les réformes ont installé une pédagogie spécifique, adaptée aux élèves. " La démarche de projet est au coeur des pratiques de la voie technologique", note le rapport. "Elle permet de développer l’autonomie, la socialisation et la créativité des élèves à travers une démarche pragmatique et inductive. C’est l’occasion pour eux d’appréhender une situation réelle et complexe, d’apprendre à travailler en équipe (en réglant les questions de constitution de groupes, de modalités d’adhésion de l’ensemble des membres du groupe au projet, etc.) et à respecter les contraintes et les délais. Dans l’ensemble des séries, le projet est jugé très positivement par les enseignants et les élèves. Les enseignants constatent que les élèves s’investissent beaucoup dans cette activité qui constitue une vraie plus-value pour les apprentissages. Le projet, dans la mesure où il oblige à recourir aux outils numériques, contribue à développer des savoir-faire dans ce domaine. Les enseignants indiquent qu’il permet de mobiliser des compétences relationnelles assez rarement valorisées dans notre système : l’autonomie, le sens de l’engagement et de la responsabilité". Cela même si le projet perçu différemment selon les séries.

 

Globalement les réformes introduites à partir de 2010 se sont traduite spar une déprofessionnalisation et une déspécialisation. Le nombre d espécialités a diminué et les choix se font plus tard. Et c'est plus ou moins bien accueilli. " Les enseignants rencontrés semblent plutôt favorables à l’existence d’un tronc commun et aux enseignements transversaux, qui permettent une spécialisation progressive. Pour autant, les avis des enseignants sur le caractère progressif de ce choix sont partagés et parfois contradictoires d’une série à une autre. En effet, certains considèrent que l’orientation progressive est positive, y compris lorsque le choix se fait en terminale ; d’autres, au contraire, pensent que retarder la spécialisation des élèves peut constituer un handicap pour aborder le projet et pour la poursuite d’études dans l’enseignement supérieur", note le rapport.

 

La déprofessionnalisation a suscité de véritables crises. " La déprofessionnalisation dans les séries technologiques concerne l’abandon d’enseignements à visée professionnelle, caractéristiques de la filière professionnelle correspondante. La rénovation de la voie technologique industrielle est profondément marquée par l’abandon des apprentissages liés à la réalisation opérationnelle de produits ou systèmes dans des environnements analogues à ceux des entreprises... Le changement de paradigme n’en est pas moins profond, et la logique inversée. L’accent est mis davantage sur la conception que sur la réalisation : il s’agit désormais de concevoir, sans nécessairement réaliser, et non plus de réaliser pour apprendre à concevoir. Cet aspect peut expliquer les difficultés rencontrées par les enseignants de STI à appréhender le changement profond des programmes et leur sensation « de perte d’identité »", note le rapport. En fait elle a été vécue comme un véritable traumatisme, des enseignants se sentant totalement dévalués. Et elle s'est accompagnée de reconversions imposées et menées à la hache, passées sous silence dans le rapport...

 

L'accompagnement personnalisé en échec

 

En même temps ces nouveaux programmes ont été introduits sans grande cohérence. " Parmi les enseignants interrogés, nombreux sont ceux qui considèrent que les programmes sont mal calibrés et ne permettent pas d’approfondir les notions abordées. Ils sont également nombreux à regretter le manque de cohérence et de complémentarité entre le contenu des programmes de l’enseignement technologique et celui des enseignements généraux", note le rapport.

 

Mais le grand échec semble, là aussi, être l'accompagnement personnalisé. " Aujourd’hui chacun est conscient, des équipes de direction aux enseignants, que la mise en oeuvre de l’accompagnement personnalisé n’a pas encore trouvé sa place ni son statut. En l’état, celui-ci ne correspond pas aux exigences des textes". Les auteurs e rendent responsables les chefs d'établissement et les enseignants "réticents" à pratiquer un enseignement personnalisé... en classe entière, plutôt que s'interroger sur la conception même de ce dispositif.

 

Un dernier aspect des réformes pédagogiques concerne l'enseignement de slangues avec l'enseignement technologique des langues vivantes (ETLV) introduit en Sti2d, Stl et Std2a.

 

Une réduction constante des moyens

 

Ces réformes se sont faites avec une baisse de moyens particulièrement en STMG et ST2S, les deux principales filières. " Il est important de souligner que ces deux séries, alors qu’elles contribuent fortement à la démocratisation scolaire en accueillant une proportion importante d’élèves de milieux sociaux peu favorisés, ont été nettement moins bien dotées en matière de volume horaire que les séries industrielles et de sciences de laboratoire. Les premières bénéficient d’une maquette de 32,5 heures en première et en terminale soit 65 heures sur l’ensemble du cycle, alors qu’un élève scolarisé en STMG ou en ST2S ne bénéficie que de 58 heures. En ce qui concerne l’enveloppe des heures à effectif réduit, l’écart est encore plus flagrant : les séries STI2D, STL et STD2A bénéficient d’un volume horaire de 16 à 18 heures pour 29 élèves, contre 10,5 heures en ST2S et seulement 7 heures en STMG", note le rapport. Et la réforme va permettre encore des gains en rationalisant les enseignements grace à des regroupements d'élèves entre sections. " Le coût horaire de la voie technologique s’est ainsi rapproché de celui de la voie générale, surtout dans la filière tertiaire", note avec satisfaction el rapport. Ainsi une voie populaire a d'une certaine façon payé le prix de la réforme des filières plus nobles...

 

La filière la plus malade aujourd'hui semble être la série STMG. " Cette filière accueille de nombreux élèves peu motivés, parfois au bord de la rupture avec le système scolaire, qui perturbent les cours et contribuent à sa mauvaise réputation. L’attractivité de cette série reste faible et son image ne s’améliore pas auprès des élèves, des parents et des professeurs", note le rapport. " La série fonctionne également comme une filière de « délestage » de la voie générale, lors de l’orientation en fin de seconde. Il n’est pas rare non plus qu'elle constitue une solution par défaut pour des élèves qui n’ont pas été admis dans la voie professionnelle en fin de troisième ou en fin de seconde". En ST2S, la filière la plus populaire, les inspecteurs regrettent la disparition des préparations aux concours d'infirmer et d'éducateur spécialisé.

 

Adapter les enseignements

 

Les recommandations de l'inspection ne vont pas jusqu'à clairement recommander la fusion avec l'enseignement général. Elles se bornent à une amélioration de la voie technologique.

 

Globalement ils demandent "un plan national de communication sur la voie technologique" et le développement d elycées polyvalents pour donner davantage de visibilité à la voie.

 

Les auteurs recommandent de revoir les programmes des enseignements généraux pour mieux les aligner sur les besoins des enseignements technologiques. Ils recommandent de développer la co intervention enseignements généraux et technologiques dans les projets. Ils souhaitent un "réinvestissement" de l'accompagnement personnalisé. Ils recommandent aussi de " prescrire à l’ensemble des acteurs (enseignants, chefs d’établissement, inspecteurs) l’objectif de réalisation régulière d’un travail personnel pour chaque élève de la voie technologique dans chaque discipline".

 

Sur le plan plus disciplinaire, ils veulent aussi généraliser l'ETLV dans toutes les séries de l'enseignement technologique. En STL ils demandent une fusion des programmes et épreuves de physique chimie. Ils demandent la révision des épreuves du bac de français.

 

S'agissant de l'orientation, le rapport a constaté un piètinement dans l'accès en STS et IUT et une hausse du nombre d'élève en université. Le rapport demande de "veiller au maintien de la capacité d’accueil des STS vis-à-vis des bacheliers technologiques" et "d'augmenter les capacités d’accueil des bacheliers technologiques en IUT, en particulier dans les spécialités tertiaires". Enfin ils souhaitent " encourager et systématiser les dispositifs d’accompagnement pédagogique pour assurer la transition entre le baccalauréat technologique et l’IUT". De la même façon "créer des parcours adaptés en licence". En ST2S offrir systématiquement la préparation aux concours  d'infirmier et d'éducateur spécialisé.

 

Faut-il maintenir la voie technologique ?

 

Faut-il maintenir la voie technologique ? Les inspecteurs relèvent d'abord qu'il n'y a pas eu de discours officiel sur son maintien. Ensuite, ils observent en Europe des situations contrastées selon les pays; Dans la plupart des pays européens, la voie technologique, tout comme la pédagogie de projet, s'intègrent dans une voie générale modulaire. " Les descriptifs de formation au niveau secondaire en Europe font apparaître des enseignements « technologiques » dispensés dans des lycées « mixtes » ou dans des établissements spécialisés. C’est le cas au Danemark : sous l’appellation « programmes d’enseignement général », qui conduisent à une poursuite d’études, on distingue quatre branches, dont deux associent aux enseignements généraux une spécialité « commerce » ou « technologie ». Dans cet exemple danois, la pédagogie de projet, puisqu’elle est commune à tous les programmes d’enseignement, n’est pas un élément distinctif entre le « général » et le « technologique ». De la même manière, en Suède, des modules spécifiques, à caractère général ou professionnalisant, s’ajoutent à un tronc commun".  

 

Se pose donc la grande question de l'avenir de la voie technologique. Les auteurs envisagent deux scénarios possibles. D'abord "une recomposition globale du lycée général et technologique". "Le modèle le plus répandu en Europe est celui de deux voies de formation, une voie générale et une voie professionnelle, avec différentes possibilités de passerelles entre les deux. La plupart des pays européens organisent la fin des études secondaires avec un système plus ou moins complexe  de modules ou d’options permettant de faire une place aux enseignements technologiques", notent -ils. "Au-delà de ses caractéristiques propres, la voie technologique repose sur une palette d’enseignements généraux proches, dans leurs contenus et leurs modalités d’évaluation, de ceux de la voie générale... Cette remise en cause des distinctions entre les voies générales et technologiques devrait prendre la forme d’un lycée modulaire avec un tronc commun d’enseignement fondamental et de culture générale complété par des modules de spécialisation et des options de personnalisation de la formation de l’élève. Il faudrait envisager de renoncer au système des séries en tant que principe d’organisation cloisonnée".

 

Mais les inspecteurs voient aussi l'écueil de cette démarche: " la dilution des enseignements technologiques risque de faire disparaître la spécificité de la démarche technologique, qui permet de faire réussir un vivier non négligeable d’élèves qui ne s’épanouissent pas dans la voie générale. Le risque serait grand que la fusion entre la voie générale et la voie technologique aboutisse, en raison de l’« idiosyncrasie » de notre système scolaire, à une dissolution de l’enseignement technologique au lycée".

 

Aller plus loin dans la déspécialisation

 

Ils concluent donc sur l'autre scénario : la déspécialisation plus poussée. " Au niveau du lycée, les formations seraient plus nettement conçues en fonction des acquis nécessaires et certifiés (grâce à une nouvelle organisation du baccalauréat) pour la poursuite d’études dans les filières technologiques et d’un cursus visé de cinq années à partir de la classe de première. Ce lien avec l’enseignement supérieur permettrait une déspécialisation plus affirmée au niveau du lycée, au sens où le choix de spécialisation pourrait être fait à l’entrée dans l’enseignement supérieur".

 

L'impact serait particulièrement important en Stmg et en Sti2d. Ce nouveau saut devrait déprofessionnaliser davantage les formations.  Il aurait aussi sans doute un impact sur la réussite des élèves les plus fragiles. Mais, et le rapport ne le dit pas, il permettrait aussi des économies importantes sur une filière déjà saignée les années précédentes.

 

François Jarraud

 

Le rapport

 

 

 

 

 

 

Par fjarraud , le lundi 09 janvier 2017.

Rédigé par hl_66

Publié le 13 Août 2017

selimaksan
Quand la science étudie les gauchers, elle a du mal à les comprendre.

INSOLITE - C'est la Journée internationale des gauchers, ce dimanche 13 août. Une occasion pour parler des gauchers du monde entier qui vivent dans un environnement où (presque) tout est pensé et conçu pour les droitiers.

 

Pourquoi est-on droitier ou gaucher? On n'en sait pas grand chose. Génétique? Environnement? Certainement un peu des deux. Les plus récentes recherches semblent en tout cas indiquer qu'un réseau de gènes serait à l'origine de notre préférence manuelle.

 

Mais l'origine de cette préférence est bien loin d'être l'unique sujet qui intéresse les scientifiques (et les moins scientifiques). A l'occasion de cette journée internationale, petit tour d'horizon des affirmations (vraies ou fausses) qui ont été faites sur les gauchers (qui représentent environ 13% de la population) en partant des pires pour finir par les meilleures.

 

1. Ils vivent moins longtemps que les droitiers

C'est l'étude qu'on a tous relayé à un moment ou un autre: les gauchers vivent moins longtemps. Fin des années 80, début des années 90, deux études sont publiées dans deux grandes revues scientifiques: Nature et le New England Journal of Medicine. Ce qu'avancent les chercheurs? Qu'en moyenne, les droitiers vivent neuf ans de plus que les gauchers. "Nous ne voulons pas dire que l'utilisation de la main gauche cause un risque de mort prématurée", prévenaient à l'époque les deux auteurs de l'étude, Diane Halpern et Stanley Coren. Mais malgré tout, selon eux, les gauchers sont 5 fois plus susceptibles de mourir dans un accident, par exemple. L'une des raisons invoquées? Le monde est fait pour les droitiers, aucun des outils n'étant conçu pour les gauchers. Autre raison, les gauchers seraient plus susceptibles de développer des problèmes neurologiques ou immunitaires (voir ci-dessous).

 

Que les gauchers se rassurent: depuis, il a été montré que cette étude était faussée. Interrogé à propos de celle-ci par la BBC en 2013, Chris McManus, professeur de psychologie à la University College London, explique que "leur erreur a été de ne s'intéresser qu'aux morts". Dans leur étude, Halpern et Coren ont en effet analysé des bases de données de personnes décédées. En fait, les statistiques sont faussées car le nombre de gauchers aurait explosé à la fin du 20e siècle (notamment parce qu'ils étaient enfin mieux acceptés). McManus explique cette erreur par une analogie avec les fans de Harry Potter: "Demandez aux proches d'un groupe de personnes récemment décédées si elles avaient lu Harry Potter et inévitablement vous trouverez que les fans de Harry Potter sont morts plus jeunes".

Plus sérieusement, une autre étude, publiée en 1994, montrait très clairement que le fait d'être gaucher n'est pas associé à une mortalité précoce.

 

Getty Images/iStockphoto

 

2. Ils gagnent moins d'argent que les droitiers

Ce sont des chercheurs de la prestigieuse université de Harvard qui le disent... Leur étude, publiée en décembre 2014 dans le Journal of Economic Perspectives, montre que les gauchers gagneraient environ 10 à 12% moins que les droitiers (à origine sociale équivalente). Un écart qui correspondrait à une perte de $2500 pour les hommes gauchers et $3400 pour les femmes. Comment l'expliquer? L'économiste et auteur de l'étude, Joshua Goodman, montre que les gauchers seraient moins performants aux tests d'intelligence (ce qui est infirmé ici). 20 à 28% d'entre eux seraient même intellectuellement déficients, deux fois plus que le reste de la population. Ces résultats ne concerneraient toutefois que les gauchers dont la mère est droitière: enfants, l'apprentissage par imitation est plus compliqué.

3. Ils sont plus susceptibles de développer des troubles mentaux

En 2011, le Wall Street Journal se penchait sur la probabilité accrue pour les gauchers de présenter des troubles cérébraux. Il rappelle que 20% des personnes atteintes de schizophrénie sont gauchers, alors qu'ils ne représentent que 10% de la population. Un lien entre les troubles de l'humeur, la dyslexie, les déficits d'attention, a aussi été mis en avant dans de précédentes études.

Les chercheurs se demandent si le concept d'asymétrie cérébrale, soit l'inégale implication des deux hémisphères du cerveau, n'est pas à l'origine du problème. Chez les droitiers, c'est l'hémisphère gauche qui est dominant (hémisphère qui assure notamment le langage). Ce qui est également le cas de 70% des gauchers. Mais selon le psychiatre Metten Somers, les 30% autres présenteraient un hémisphère droit dominant ou une symétrie entre les deux hémisphères. C'est le fait d'avoir un cerveau symétrique qui, selon lui, augmenterait le risque de présenter des troubles mentaux.

 

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4. Ils réfléchissent plus vite

Les gauchers pourraient accéder aux hémisphères de leur cerveau plus rapidement et plus efficacement.

D'après une étude australienne publiée en 2006 dans la revue Neuropsychology, les connexions entre les hémisphères du cerveau sont plus rapides chez les gauchers, ce qui se traduit par un traitement plus rapide de l'information. Les auteurs de l'étude en question ont confié aux participants une tâche qui leur permettait de mesurer le temps de transfert entre les hémisphères, et une autre qui nécessitait de se servir des deux hémisphères en même temps.

Ces travaux ont démontré que les gauchers traitaient l'information plus rapidement d'un hémisphère à l'autre, un atout cognitif qui pouvait les avantager dans des activités comme les jeux vidéo ou le sport.

5. Ils sont plus créatifs

De nombreux experts et diverses études suggèrent l'existence d'un lien entre le fait d'être gaucher et la créativité. Est-ce vraiment le cas? Certaines études ont en tout cas démontré que les gauchers étaient plus doués pour la pensée divergente (la capacité à trouver plusieurs solutions pour un même problème), une caractéristique cognitive de la créativité. Cependant, il convient de noter que ces études établissent une corrélation, et non une causalité. Ces conclusions ne sont donc pas véritablement probantes.

Une autre possibilité, avancée par le psychologue Chris McManus, de l'University College de Londres, dans son livre Right-Hand, Left-Hand, est que l'hémisphère droit du cerveau des gauchers est plus développé, ce qui influerait sur la créativité.

Enfin une théorie tout à fait fascinante avance qu'en grandissant dans la minorité des gauchers, ce qui les distingue de la plupart de leurs camarades, certains enfants finissent par acquérir une construction mentale privilégiant l'individualité. Cet état d'esprit peut les prédisposer à développer des traits de caractère comme l'indépendance et l'anticonformisme, que les psychologues associent à la créativité et l'innovation.

6. Ils sont avantagés en sport

Dans les sports de combats, le tennis et en gros tous les sports où il s'agit d'affronter un autre joueur, ils peuvent être un vrai cauchemar. Ceux qui ont un jour joué contre Rafael Nadal peuvent témoigner. Plusieurs études, sur l'escrime, sur la boxe, ont montré que les gauchers ont un avantage par rapport à leur adversaire car, pour faire simple, il est habitué à s'entraîner ou à jouer contre des droitiers. Les mouvements des gauchers peuvent donc facilement les surprendre.

 

Willowpix via Getty Images

 

7. Ils ont une meilleure vie sexuelle

86% des gauchers seraient "extrêmement satisfaits" de leur vie sexuelle, selon un sondage réalisé en 2015 par LELO, entreprise de "produits intimes". Par comparaison, seuls 15% des droitiers atteignent un tel niveau de satisfaction. Malheureusement, on ne sait pas expliquer ce phénomène. Même si sur plusieurs sites, on s'amuse à dire que dans un monde fait pour les droitiers, les gauchers doivent faire preuve d'ingéniosité... qui se retrouverait au lit. Et la boucle est bouclée.

Dernière chose (car on ne pouvait pas écrire un article sur les gauchers sans en parler): les kangourous sont gauchers. La plupart des kangourous sont gauchers, 95% d'entre eux, selon des chercheurs de l'université d'Etat de Saint-Pétersbourg (Russie). Tous les animaux utilisent leur patte gauche pour leur toilette mais les kangourous, eux, l'utilisent exclusivement pour TOUTES leurs tâches. Voilà qui vous fait donc une belle jambe.

Rédigé par hl_66

Publié dans #Réflexion