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Publié le 19 Mars 2018

 

Dans une exploitation laitière près de Guingamp en novembre 2017. Photo Vincent Gouriou

Par Paul Ariès, politologue , Frédéric Denhez, journaliste, chroniqueur («CO2 mon amour» sur France Inter) et Jocelyne Porcher, sociologue, directrice de recherches à l’Inra — (mis à jour à )

 

Ils prônent une rupture totale avec le monde animal, alors que manger de la viande a toujours fait partie de l’histoire humaine, un moment essentiel de partage. Cette relation doit reposer sur un élevage raisonné et bio, respectueux des sols et des terroirs. La meilleure façon d’échapper à l’alimentation industrielle.

 

 

 

Ils sont peu nombreux, mais ils ont une audience impressionnante. Comme ce qu’ils disent semble frappé au coin du bon sens, celui de l’émotionnel et d’une morale binaire, le bien, le mal, c’est que ça doit être vrai. D’où le succès de la propagande végane, version politique et extrémiste de l’abolitionnisme de l’élevage et de la viande, que l’on mesure simplement : aujourd’hui, les opinions contraires, pourtant majoritaires, doivent se justifier par rapport à elle. Nous dénonçons d’autant plus le mauvais coup que porte le véganisme à notre mode de vie, à l’agriculture, à nos relations aux animaux et même aux courants végétariens traditionnels, que nous sommes convaincus de la nécessité d’en finir au plus vite avec les conditions imposées par les systèmes industriels et d’aller vers une alimentation relocalisée, préservant la biodiversité et le paysan, moins carnée, aussi. L’Occident et les riches des pays du Sud consomment trop de viandes, et surtout de la mauvaise viande. Au Nord comme au Sud, les systèmes industriels ont changé l’animal en machine à transformer la cellulose des plantes en protéines bon marché pour le plus grand profit des multinationales et au détriment des paysans, des consommateurs, des sols, de l’eau et des animaux. Le bilan sanitaire et écologique de ces rapports de travail indignes aux animaux est tout aussi mauvais que celui du reste de l’agriculture productiviste : on empoisonne les consommateurs avec de la mauvaise viande, de mauvais légumes et fruits, en dégradant l’environnement et la condition paysanne. Ceci étant dit, regardons un peu les arguments avancés par les végans.

Les végans vont sauver les animaux

Depuis douze mille ans, nous travaillons et vivons avec des animaux parce que nous avons des intérêts respectifs à vivre ensemble plutôt que séparés. Les animaux domestiques ne sont plus, et depuis longtemps, des animaux «naturels». Ils sont partie prenante du monde humain autant que de leur propre monde. Et, grâce au travail que nous réalisons ensemble, ils ont acquis une seconde nature qui fait qu’ils nous comprennent, bien mieux sans doute que nous les comprenons. Ainsi est-il probable qu’ils ne demandent pas à être «libérés». Ils ne demandent pas à retourner à la sauvagerie. Ils ne demandent pas à être stérilisés afin de peu à peu disparaître, ainsi que le réclament certains végans. Ils demandent à vivre avec nous, et nous avec eux, ils demandent à vivre une existence intéressante, intelligente et digne.

Le véganisme va nous sauver de la famine

Jusqu’à il y a peu, rappelons-le, les hommes et les femmes mouraient vite de trois causes possibles : les maladies infectieuses, la guerre et la faim. Or, depuis la fin du XVIIIe siècle, dans nos pays européens, et depuis les années 60 dans l’ensemble du monde, il n’existe plus de famines liées à un manque de ressources. Quel progrès ! Les famines qui adviennent sont des armes politiques. Quand des gens meurent de faim quelque part, c’est parce que d’autres l’ont décidé. On ne voit pas en quoi le véganisme changerait quoi que ce soit à cette réalité.

 

Le véganisme va sauver l’agriculture

Ce serait même exactement l’inverse. Si les famines ont disparu de notre sol, c’est parce que le XVIIIe siècle a connu la plus grande révolution agricole après celle de son invention : l’agronomie. Et la polyculture-élevage, pourvoyeuse de ce qui se fait de mieux pour nourrir un sol, le fumier. Une des meilleures idées que l’homme ait jamais eue. Quant à l’industrialisation de l’élevage, elle n’est pas née après la Seconde Guerre mondiale avec le productivisme agricole. Elle a été pensée bien en amont, au milieu du XIXe siècle avec le développement du capitalisme industriel. Les animaux sont alors devenus des machines dont la seule utilité est de générer des profits, aux dépens des paysans et de l’environnement.

Le véganisme va sauver notre alimentation

Le véganisme propose de se passer des animaux, pour les sauver. Retour à la case départ : l’agriculture sans élevage, c’est l’agriculture famineuse parce qu’elle épuise les sols. Ce sont des rendements ridicules pour un travail de forçat car le compost de légumes est bien moins efficace pour faire pousser des légumes que le fumier animal. A moins de forcer le sol par de la chimie, évidemment. Et de labourer bien profondément. Mais, dans ce cas, on abîme les sols, en désorganisant l’écosystème qu’il est en réalité.

Le véganisme sauvera notre santé

Tuer l’animal, c’est mal, manger de la viande, c’est destructeur. Car les études montrent que la consommation de viandes est corrélée au cancer. Sauf que ces études ont été principalement menées aux Etats-Unis et en Chine, où l’on consomme bien plus de viande, encore plus gavée d’hormones et d’antibiotiques, encore plus transformée. Quant aux études démontrant la longévité supérieure des végétariens qui - rappelons-le - consomment des produits animaux, lait et œufs, et dépendent donc de l’élevage, elles sont biaisées par le constat que ces publics consomment aussi très peu de produits transformés, peu de sucres, ils font du sport, boivent peu, ils ont une bonne assurance sociale, etc. Quelle est la responsabilité des légumes dans leur bonne santé ? Difficile à dire ! Ce qui importe, c’est le régime alimentaire et le mode de vie équilibrés. En comparaison, manger végan, l’absolu des régimes «sans», c’est se condamner à ingurgiter beaucoup de produits transformés, c’est-à-dire des assemblages de molécules pour mimer ce qu’on a supprimé. Sans omettre d’ajouter la précieuse vitamine B12 à son alimentation. Car sans elle, comme le montrent de nombreux témoignages d’ex-végans, ce régime ultra-sans détruit irrémédiablement la santé, à commencer par celle de l’esprit.

Le véganisme va sauver l’écologie

Avec ce retour au naturel, l’écologie est sauvée. Et bien non. Car ayant expulsé les animaux domestiques, il n’y a plus rien pour maintenir les paysages ouverts, ceux des prairies, des zones humides, des montagnes et des bocages. Sauf à obliger chômeurs, prisonniers et clochards à faucher et à couper les herbes, ou à produire des robots brouteurs. Les vaches et moutons sont les garants de l’extraordinaire diversité paysagère qui fait la France, qui est aussi celle de notre assiette. Les animaux et leurs éleveurs sont les premiers aménageurs du territoire.

Le véganisme est une position politique émancipatrice

Non, contrairement à ce que croient de nombreux jeunes, fiers de dire «je suis végan», comme s’ils participaient à une action révolutionnaire, ou si leurs actions contre les abattoirs ou les paysans vendant leurs fromages sur les marchés relevaient de la résistance à l’ordre établi, le véganisme ne participe pas à l’émancipation des animaux et encore moins à celle des humains. Au contraire, en défendant une agriculture sans élevage et un monde sans animaux domestiques, c’est-à-dire sans vaches, ni chevaux, ni chiens, ce mouvement nous met encore plus dans les serres des multinationales et accroît notre dépendance alimentaire et notre aliénation. Les théoriciens et militants végans ne sont pas des révolutionnaires, ils sont, au contraire, clairement les idiots utiles du capitalisme.

Rédigé par hl_66

Publié dans #Réflexion

Publié le 14 Mars 2018

 

 

 

 

Les spécialistes affirment que ces expériences peuvent vous aider à préparer le long voyage qu’est le mariage.

COUPLE - Construire les bases solides d'un mariage ou toute autre relation durable ne se fait pas du jour au lendemain. Certaines épreuves que les couples traversent au fil de leur histoire les aident à mieux se connaître.

 

"On sort et on passe du temps avec l'autre pour savoir s'il nous correspond, mais aussi parce qu'on construit une relation à partir des expériences vécues à deux", explique Becky Whetstone, thérapeute conjugale et familiale. "Ce sont ces liens qui permettent à la relation à résister aux mauvais moments."

 

Quelles sont les épreuves qu'un couple devrait traverser avant de se dire oui? Nous avons demandé aux spécialistes du mariage de nous faire part de leurs conseils. Ce ne sont évidemment que des suggestions: chaque relation est différente et cette liste ne prétend pas à l'exhaustivité.

 

1. Voyagez ensemble.

"Que vous optiez pour un road trip à travers les États-Unis ou que vous passiez quelques semaines à parcourir l'Asie du Sud-Est en sac à dos, il est important de savoir si vous pouvez vraiment compter sur votre partenaire quand vous vous retrouvez dans des situations inédites. Comment réagit votre moitié devant un pneu crevé ou dans une société qui ne parle pas sa langue maternelle? Est-elle capable de surmonter les obstacles et de rester positive, ou, au contraire, devient-elle pessimiste, maussade et imprévisible? Ce test peut être décisif pour appréhender sa réaction face aux défis qui surgiront plus tard" — Spencer Scott, psychologue.

2. Trouvez le moyen de vous entendre même si vous n'êtes pas d'accord.

"Êtes-vous capable de discuter dans le respect de l'autre? De communiquer et d'échanger sans interrompre, attaquer, accuser ou être sur la défensive quand vous n'obtenez pas immédiatement ce que vous voulez? Pouvez-vous passer outre ces réactions, respirer, prendre du recul, vous calmer et poursuivre la conversation? Trouver un terrain d'entente? Faire face aux différends et surmonter les conflits crée une base importante pour l'avenir de votre relation. Si vous ne pouvez pas gérer les conflits, comment comptez-vous gérer ceux qui surviennent inévitablement dans toutes les relations, même les meilleures, après le mariage?" — John Amodeo, thérapeute conjugal et familial et auteur de Dancing with Fire: A Mindful Way to Loving Relationships.

3. Discutez de vos enfances et familles respectives.

"Décryptez l'autre et ses valeurs. Passez du temps à comprendre son histoire, découvrir sa famille, ce qu'il aime et n'aime pas. Est-il ouvert à ce genre de discussion ou totalement réticent? Ses parents sont-ils plus importants que tout le reste? Quelles sont ses croyances? Plus vous vous connaissez et plus vous vous comprenez, plus votre relation sera solide." — Becky Whetstone.

4. Optez pour un budget partagé et tenez-vous-y.

"Les finances sont la raison principale pour laquelle les couples se déchirent. Avant de vous engager, vous devez savoir si votre partenaire est capable de gérer efficacement vos finances communes. Allez-y progressivement. Commencez, par exemple, à vous mettre d'accord sur le montant que vous voulez dépenser en un week-end, puis essayez d'en profiter en vous y tenant." — Spencer Scott.

5. Traversez une période difficile — perte d'emploi, souci de santé ou autre événement stressant — et ressortez-en encore plus fort.

"C'est facile de s'aimer quand les choses vont bien, mais les orages et les difficultés qui surgissent nous permettent de voir si la relation est basée sur un amour véritable ou une passion passagère. Dans chaque relation, des frustrations surviennent, des tempêtes se produisent et de vieux démons refont surface. Il est important de savoir naviguer en eaux troubles lorsque les problèmes, les peurs, les colères et les doutes pointent le bout de leur nez. Rien ne construit mieux la confiance qu'une bonne tempête. C'est à ce moment-là que vous saurez ce qu'il en est, si votre relation est solide et à quel point vous vous investissez. Quand la situation se complique, vous vous effondrez, vous fuyez ou vous traversez cette épreuve main dans la main?" — Sheri Meyers, thérapeute matrimoniale et familiale.

6. Suivez une thérapie de couple.

"Les couples doivent prendre le temps d'apprendre de quelqu'un qui comprend la dynamique de la communication dans une relation. L'objectif est de transmettre et recevoir des messages d'une manière qui reste respectueuse et ne porte pas atteinte à la relation. Cela semble facile, mais ça ne l'est pas. Surtout quand les gens ont tendance à se faire du mal ou prendre les choses à cœur." — Becky Whetstone.

7. Emménagez ensemble.

"En partageant un espace de vie, vous découvrirez comment vous évoluez ensemble et pourrez évaluer votre compatibilité et votre tolérance l'un envers l'autre. Vous déterminerez les différences, les besoins et les priorités qui vous agacent et vous dérangent chez l'autre et verrez si vous pouvez les gérer et les accepter. En vivant sous le même toit, vous réaliserez l'importance du travail d'équipe et du respect en vous acquittant de vos tâches et responsabilités."

"Vivre à deux est beaucoup plus compliqué que vivre seul. Vous apprenez à mieux connaître votre partenaire, mais également à mieux vous connaître vous-même. Vous êtes obligé de poser des limites, tisser des liens et développer des compétences relationnelles qui contribuent à votre développement personnel." — Moshe Ratson, thérapeute matrimonial et familial.

8. N'ayez pas peur de parler de la routine sexuelle que vous traversez.

"Bien qu'il soit naturel pour les couples de connaître des hauts et des bas sexuellement parlant, il arrive de se sentir blessé, déçu ou même rejeté quand la période creuse s'éternise. Si votre partenaire à l'impression d'être votre colocataire plutôt que votre amant, faites tomber les masques et partagez vos désirs, vos fantasmes et vos attentes sexuelles en toute honnêteté. À quelle fréquence voulez-vous avoir des rapports sexuels? Qu'est-ce qui vous permet de vous sentir intimement connecté? Quel sera le programme les jours 'sans'? De quoi avez-vous besoin pour vous sentir désiré? Quelles sont vos limites en termes d'expérimentation?"

"Trouvez différents moyens de contrer la routine et sortez de votre zone de confort. Élaborer des stratégies dès le début vous permettra d'éviter la déception qui se produit quand l'excitation sexuelle retombe ou entre temporairement en repos." — Sheri Meyers.

Vous avez envie de raconter votre histoire? Un événement de votre vie vous a fait voir les choses différemment? Vous voulez briser un tabou? Vous pouvez envoyer votre témoignage à temoignage@huffingtonpost.fr et consulter tous les témoignages que nous avons publiés.

Cet article, publié à l'origine sur le HuffPost américain, a été traduit par Marine Le Pré pour Fast for Word.

Rédigé par hl_66

Publié dans #Réflexion